Judith Godrèche : "L'écriture était le lieu où je me sentais en sécurité"
L'actrice et comédienne devenue une voix importante du mouvement #metoo a dénoncé, porté plainte, elle s'est exprimé sur la scène des Césars ou devant des commissions parlementaires. Elle publie aujourd'hui un livre intitulé ''Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux'' qui nous replonge dans son enfance et fait œuvre de réparation.
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2 ans après avoir porté plainte pour viol sur mineur, l'actrice publie un livre réparateur.
Comment qualifier ‘‘Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux’’, publié au Seuil ? C'est très difficile à dire tant il ne ressemble à aucun autre ouvrage. C'est un kaléidoscope composé de souvenirs, de réflexions ou d'anciennes lettres. Il se singularise en tout cas par sa poésie et par la qualité d'écriture qui a été une des passions de Judith Godrèche depuis qu'elle est petite : « Le lieu où je me sentais en sécurité, c'était le lieu de l'écriture. J'avais un imaginaire très développé et j'adorais écrire. » Et c'est ce talent d'écriture qui a attiré les hommes qu'elle poursuit aujourd'hui, Benoît Jacquot et Jacques Doillon. Ils en ont voulu à ses mots autant qu'à son corps.
Avec ce livre, Judith Godrèche poursuit son chemin de réparation, de manière honnête, toujours percutante et parfois très distanciée. Et elle se sert du titre, emprunté à une consigne affichée dans la salle d'attente de la brigade des mineurs où elle est allée porter plainte, pour interroger la notion d'ordre : « Quand on était un enfant qui n'a rien dit, une adolescente qui n'a rien dit, une femme qui n'a rien dit, au moment où on brise le silence, en quoi met-on le désordre ? »