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Le Festival de Pâques d'Aix-en-Provence engagé contre l'inhumanité

En cette période de Pâques, la 13ᵉ édition du festival propose une réflexion sur les questions de la vie, de la mort, et de l’importance de l’art comme réponse à la barbarie.

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Le Festival de Pâques d'Aix-en-Provence engagé contre l'inhumanité
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Le Festival de Pâques propose une journée placée sous le signe de la mémoire le 29 mars.

© Caroline Doutre
21 concerts, 900 artistes… Le Festival de Pâques d’Aix-en-Provence se prépare pour 3 semaines de musique, du 21 mars au 11 avril. Avec une nouveauté cette année : une journée placée sous le signe de la mémoire. Les évènements du dimanche 29 mars se tiendront en effet à 10 kilomètres d'Aix dans un lieu chargé d'histoire. Pour la 13ᵉ édition, et en cette période de Pâques, le directeur exécutif du Festival, Dominique Bluzet, a tenu à proposer une réflexion sur la vie, la mort et l’importance de l’art comme réponse à la barbarie au travers d'un temps fort organisé au Camp des Milles. Ce camp d’internement et de déportation est depuis 2013 un lieu de mémoire.

Au programme de ce 29 mars, une série de tables rondes et de concerts. Les débats rassemblent des artistes, un syndicaliste, une femme rabin, et les concerts, donnés dans l'Auditorium du Camp des Milles, ont pour thème les musiques du camp de Terezin et celles de Jean-Sébastien Bach. Le camp des Milles est une ancienne usine de briques qui a accueilli en 1936 des républicains espagnols en guerre contre Franco, puis des Italiens opposés à Mussolini et des Allemands qui fuyaient le nazisme. Dominique Bluzet raconte la suite : « Le gouvernement de Vichy a ensuite réquisitionné le lieu pour le transformer en camp d'internement où on a mis à la fois des ennemis de l'Allemagne, beaucoup d'artistes et des juifs. Puis à partir de 1942, ça a été un camp de tri avant de partir vers les camps de concentration. »

« Quand j'ai créé le Festival de Pâques (Pâques c'est à dire le moment de la vie, de la mort et de la résurrection) je me suis demandé quel était notre rapport à la mort, quel était le rapport des artistes à Dieu, et pourquoi c'est important dans le monde dans lequel on vit de se raccrocher à l'art pour ne pas devenir des brutes », explique le directeur exécutif du Festival. Cette année pour illustrer cette réflexion, il a choisi un programme musical particulièrement fort : « On entendra des musiques de Terezin. Terezin, c'est le camp de concentration factice que les Allemands avaient créé pour la Croix Rouge, avec des écoles. Puis après le passage de la Croix Rouge, les Juifs ont été gazés, dès le lendemain. Là-bas, beaucoup de compositeurs ont écrit des musiques qu'ils ont enterrées dans le sol, qu'on a retrouvées après la guerre, et que nous jouerons donc en concert. »

Les débats et concerts au Camp des Milles sont gratuits. Le soir du 29 mars, le ‘‘Requiem’’ de Verdi sera donné au Grand Théâtre de Provence. C'est cette même œuvre que les musiciens juifs de Terezin ont joué lors de la visite de la Croix Rouge, avant de mourir. La suite du Festival, jusqu'au 11 avril reprendra son fil habituel en proposant des œuvres classiques de la Cathédrale Saint Sauveur au Théâtre du Jeu de Paume, en passant par le Conservatoire Darius Milhaud.
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