ÉCOUTER

Cadmium, mercure : des métaux lourds dans notre alimentation

L'imprégnation moyenne des Français au cadmium aurait doublé en seulement 10 ans, entre 2006 et 2016. Les Unions Régionales des Médecins Libéraux et Santé Publique France tirent la sonnette d'alarme.

Publié le :

Cadmium, mercure : des métaux lourds dans notre alimentation
2:24

Les métaux lourds issus de l'épandage d'engrais s'invitent dans nos assiettes.

© Adobe Stock
Logo partenaire Bien être & Santé
Les métaux lourds sont de plus en plus présents dans notre alimentation. Si les alertes se multiplient, aucune décision politique ne vient répondre à l'urgence. Au consommateur donc, de prendre ses précautions pour savoir quoi mettre dans son assiette, comme le souligne ce mois-ci notre partenaire, le magazine Bien-être et Santé.

La directrice de la rédaction du magazine, Juliette Legros, rappelle d'où vient le cadmium apparu ces dernières années dans les produits que nous ingérons : « Ce métal, toxique, est issu du raffinage du zinc. Et si l'imprégnation de la population a tellement augmenté (multipliée par 2 de 2006 à 2016), c'est à cause des épandages d'engrais minéraux phosphatés par les agriculteurs. Une fois qu'il est dans la terre, le cadmium pénètre facilement dans les végétaux par leurs racines, et ils entrent de cette façon dans la chaîne alimentaire. » Les fruits et légumes ne sont pas les seuls concernés : « On retrouve également le cadmium dans les abats, les coquillages, le poulpe, la seiche, qui sont donc nourris par des eaux contaminées. Mais pour la plupart des gens, les principaux contributeurs sont les céréales, en particulier le riz et le blé. Plus encore dans les produits dérivés qu'on consomme, pain, pâtes, biscuits... »

Or l'ingestion de cadmium augmente le risque de développer un cancer du pancréas, du poumon, de la prostate, du sein ou de l'endomètre, et peut aussi induire des maladies osseuses ou encore des troubles de la reproduction. Face à cet effrayant bilan, et pour tenter de se protéger, Juliette Legros recommande la consommation de produits issus de l'agriculture biologique, qui proscrit l'utilisation de ces fertilisants. Autre possibilité : « On peut aussi se concentrer sur des aliments qui sont riches en fer ou en zinc, en cuivre ou en calcium, qui vont contribuer à limiter la toxicité du cadmium dans le corps. »

Le mercure est un autre métal lourd présent à table : « Lui est très présent dans les gros poissons du type thon, dorade, espadon. Et côté dommage, cela peut entraîner entre autres des troubles de la coordination, de la mémoire, et peut dégrader le fonctionnement des reins comme celui du système immunitaire. » Toutefois, certains poissons représentent un danger moindre : le colin, le flétan, et l'aiglefin : « Les petits poissons gras qui sont en bas de la chaîne alimentaire, les anchois, sardines, maquereaux, harengs, à cause (ou grâce) à leur petite taille, ont aussi moins d'occasions d'accumuler du mercure via leur proie. »
00:00 / 00:00

Les métaux lourds issus de l'épandage d'engrais s'invitent dans nos assiettes.

Cadmium, mercure : des métaux lourds dans notre alimentation
© Adobe Stock

Pour approfondir le sujet

Partager cet article

À découvrir sur le même thème